C’EST DE SAISON ! TARTINES DES CYCLADES

publié le 19 octobre 2017

Nicolas et François [Avril]

publié le 19 octobre 2017

VINS PRIMEURS, VINS NOUVEAUX, VENTE EN PRIMEURS… comment s’y retrouver ?

publié le 19 octobre 2017
Tartine_cyclades_kalios (1 sur 3)
Beaujolais-Nicolas-2017-def-ss-textebd
50736 Catalogue Octobre 2017 210x297-39L*.indd

Vins PRIMEURS et vins NOUVEAUX

Y a t-il une différence ?

Nouveau (vin primeur) définition : un vin est dit primeur s’il est mis en bouteille avant le printemps.

Vin nouveau ou vin primeur, c’est du pareil au même ! Une simple question de terminologie commerciale.

Un vin primeur est un vin jeune destiné à être consommé dans les mois suivant la récolte. La réglementation française, par les articles D645-17 et D646-16 du code rural, impose des dates de commercialisation selon le type de vin à savoir :

– dès la fin de leur vinification pour les vins de table sans indication géographique,

478149 colombelle– le 3ème jeudi d’octobre minuit pour la mise sur le marché des vins de pays primeurs dits aussi nouveaux. Mais les étiquettes des vins IGP (indication géographique protégée) doivent obligatoirement comporter les mentions « primeurs » ou « nouveaux » et l’année de la récolte. Le choix du terme de primeur ou bien de nouveau dépendra du bon vouloir du producteur ou du négociant.

 

 

 

 

 

 

 

bouteille_bojo_nicolas_avril

 

– On célèbre et l’on fête tous les ans, au troisième jeudi de novembre, l’arrivée du beaujolais nouveau. Cette cérémonie, qui n’est pas aussi ancienne qu’on se l’imagine, procède d’une brillante idée commerciale. En 1951, les syndicats de producteurs obtiennent des pouvoirs publics l’autorisation de débiter leurs vins primeurs de façon anticipée, cela dans l’idée de créer un événement propre à promouvoir les ventes. Le beaujolais nouveau, vin phénomène, surprenant par sa jeunesse extrême, se dégustait alors dans les cabarets de Lyon et de Paris. L’événement ne devait rencontrer d’abord qu’un succès de curiosité teinté de snobisme et en 1960 il ne se vendait en primeur que mille hectolitres de beaujolais. Le Beaujolais nouveau représenterait le tiers de la production totale du vignoble, soit 55 millions de bouteilles. En 2015, les volumes de beaujolais nouveau mis sur le marché s’élevaient à 193 000 hectolitres, soit plus de 25,7 millions de bouteilles. (Source: Inter Beaujolais)

 

– et à partir du 15 décembre 2017 pour les vins AOC/AOP ne portant pas la mention « nouveaux » ou « primeurs ».

Pour mémoire voici la liste officielle des AOC/AOP autorisées à être commercialisés sous la mention « nouveaux » ou « primeurs », les AOC ou AOP suivants :

 – Vins rouges : Beaujolais, Beaujolais Villages, Touraine (cépage Gamay), Anjou (cépage Gamay), Gaillac, coteaux du Lyonnais, côtes du Roussillon, coteaux du Tricastin, côtes du Ventoux, coteaux du Languedoc, côtes du Rhône servi dans les cafés.

Vins rosés : Beaujolais, Beaujolais suivi du nom de la commune d’origine, Beaujolais Villages, Mâcon, cotes du Rhône, Tavel, coteaux du Tricastin, côtes du Ventoux, coteaux du Languedoc, Touraine, Rosé d’Anjou, Cabernet d’Anjou, Cabernet de Saumur, coteaux du Lyonnais, côtes du Roussillon.

Vins blancs : Bourgogne, Bourgogne Grand Ordinaire, Bourgogne aligoté, Mâcon, Mâcon supérieur, Mâcon suivi de la commune d’origine, Mâcon Villages, coteaux du Tricastin, cotes du Ventoux, Muscadet, Gaillac, coteaux du Lyonnais, cotes du Roussillon.

Il n’existe pas de Bordeaux Nouveau.

Mais attention, ambigüité: on peut trouver du vin nouveau à boire à Bordeaux à l’occasion de la fête du vin nouveau et de la Brocante qui se tient chaque troisième semaine d’octobre dans les rues de la ville. Mais le législateur veille…

 

Vente de vins en PRIMEURS,

une histoire bordelaise bien européenne

04052017_AFFICHE_VINS_EN_PRIMEURChaque année, à Bordeaux les ventes en primeurs ou ventes à terme des vins démarrent en avril. Une pratique ancienne officiellement reconnue au XIXe siècle, par les négociants et propriétaires de domaines viticoles. Ce système des ventes fort ancien fut remis au-devant de la scène médiatique dans les années 1970. L’usage s’étend désormais à d’autres vignobles.

Histoire des ventes de vins en primeurs :  En réalité, le système de négociation à terme a été mis en place à Bordeaux dans les années 1600. Cette forme de valorisation et de mise en concurrence pratiquée entre négociants et producteurs aura contribué à la réputation mondiale des vins de Bordeaux. Pour ce faire, il fallut tout d’abord la présence et l’action des Hollandais en Gironde qui firent assainir et drainer les terres du Médoc par une main d’œuvre italienne d’origine vénitienne afin que le vignoble de Bordeaux augmente sa surface viticole et produise plus de volume. En 1620 les néerlandais devinrent ainsi les premiers négociants de la place de Bordeaux qui, grâce à leurs compagnies néerlandaises des Indes Occidentale et Orientales, purent exporter de part le monde les vins du bordelais. Les britanniques, également très influents en aquitaine depuis le moyen-âge, démarrèrent leurs activités de courtage et de négoce de vins à compter du XVIIIème siècle. Les châteaux Latour, Haut Brion et Margaux furent très tôt reconnus parmi les meilleurs producteurs de vins de la région et très recherchés par l’aristocratie anglaise et les milieux d’affaires irlandais et nord-américains. Les établissements Beyerman, Johnston, Schroder et Schyler ainsi que Thomas Barton et Lawton sont aujourd’hui encore présents à Bordeaux.

Pourquoi le négoce ?

Au XVIIIe siècle, les propriétaires des châteaux viticoles se chargeaient essentiellement de la récolte, de la vinification et d’une simple mise en barrique en chai tandis que les négociants s’occupaient, par contrat, de la durée de l’élevage, de l’assemblage, de l’embouteillage, des ventes et de la distribution. Ce système offrait l’avantage aux détenteurs des domaines de percevoir un paiement instantané et d’entretenir leur exploitation sans avoir à s’occuper des tâches commerciales alors considérées comme socialement dévalorisantes.

Le classement des vins de Bordeaux de 1855, organisé par la chambre de Commerce de Bordeaux à l’occasion de l’exposition universelle de Paris, va contribuer à populariser les noms des châteaux et faciliter la reconnaissance des crus grâce à une échelle de croissance classant les propriétés de 1 à 5 selon la valeur historique moyenne de la barrique.

En 1924, l’embouteillage au Château promu par le Baron Rothschild à Château Mouton Rothschild conforte la notion de qualité et de traçabilité. En 1967, tous les châteaux classés en 1855 ont l’obligation d’embouteiller leur production.  Aujourd’hui, les négociants sont uniquement responsables de la vente et de la distribution du vin à une multitude de grossistes, importateurs et commerçants présents dans le monde entier. Il existe plus d’une centaine de négociants actifs à Bordeaux. Chaque château travaille avec différents négociants mais il existe malgré tout une poignée de domaines qui ont choisi de vendre eux-mêmes leur production.  À partir du millésime 2012, Château Latour, 1er grand cru classé de Pauillac a quant à lui cessé de vendre ses vins en primeurs.

Comment pratique t-on aujourd’hui la vente et l’achat de vins en primeurs ?

Le jeu consiste à payer partiellement le vin au viticulteur alors que la cuvée est en cours d’élevage, non encore mis en bouteille, soit un à deux ans avant sa livraison.

12Après dégustation sur barrique ou par l’envoi d’échantillons des vins par nos œnologues, des experts, sommeliers, la presse, négociants et courtiers, il est défini la qualité du millésime et, par extension, le niveau des enchères pour la future mise sur le marché. Les vins vendus en primeurs, en grande majorité ceux produits par les châteaux classés en 1855 et quelques domaines situés sur la rive droite à Saint-Émilion et Pomerol, vont dès lors subir une déferlante d’appréciations, de commentaires et surtout la confirmation ou non de l’intérêt des négociants de la place de Bordeaux qui vont s’engager à acquérir un tiers voire plus du stock de la cuvée millésimée.

Pour le particulier, il peut trouver un véritable intérêt financier à acheter des grands crus en primeurs. Moyennant le fait d’accepter une livraison de la commande deux ans après son achat, l’avantage de ce type d’opération résidera essentiellement dans son prix, pouvant comporter une décote allant de -10% à -30%, par rapport au prix final. La durée d’élevage du vin créant de la valeur avant sa mise en bouteille et sa commercialisation. En tant que consommateur achetant du vin de Bordeaux en primeur, vous serez probablement invité à payer dès que votre commande sera confirmée.  Le négociant peut alors vous proposer un délai de paiement. Dans tous les cas les commandes doivent être réglées intégralement avant la fin de la première année. Par exemple, les futures de 2009 devaient être payées d’ici la fin de décembre 2010. D’une manière générale, la principale raison pour laquelle les consommateurs choisissent d’acheter du vin de Bordeaux en primeur, c’est lorsque le millésime est considéré comme de très haute qualité. Les prix des vins sont alors assurés d’augmenter avant la mise en bouteille. Cela peut représenter une économie notable pour les amateurs et les investisseurs. Outre le prix et l’assurance de bénéficier de l’allocation du nombre de bouteilles recherchées, il est aussi possible à l’acheteur de choisir le format du contenant, de la traditionnelle bouteille bordelaise, au magnum ou mieux encore au double magnum. La restauration s’enquérant souvent de demi-bouteilles.

primeurs