VINS PRIMEURS, VINS NOUVEAUX, VENTE EN PRIMEURS… comment s’y retrouver ?

publié le 6 novembre 2017

Beaujolais Nouveau – Une aventure réussie

publié le 6 novembre 2017

Nicolas et François [Avril]

publié le 6 novembre 2017
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Atelier-AVRILLa rencontre de Nicolas et de François Avril, peintre et poète de la ville, était écrite dans le ciel. Le style très personnel de cet illustrateur comme sa carrière qui l’a fait passer d’un domaine à l’autre avec la souplesse et l’audace du trapéziste volant, font de lui un artiste unique en son genre. Après de brillantes études à l’École nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d’art, dont il sort premier en 1984, il décroche ses premières commandes à vingt-trois ans dans la presse et l’édition de livre pour enfants. Des directeurs artistiques avaient remarqué ses dessins lors de l’exposition des travaux de fin d’études. Quand vous avez le vrai talent, bien visible, il est inutile de postuler ou de solliciter la commande : on vient vous trouver. Avril fait au même moment la rencontre d’Yves Chaland, qui l’initie à la bande dessinée et sera son mentor jusqu’à sa mort accidentelle en 1990. L’événement bouleverse le jeune artiste, qui traverse alors une période difficile et comprend qu’il devra reconstruire son univers personnel. Il délaisse la bande dessinée pour se consacrer à d’autres travaux, de commande surtout pour la publicité commerciale, la communication institutionnelle et pour des journaux comme Je bouquineLibération, The New Yorker, plus tard Lire et Jazzman, ou pour des projets personnels, comme ses paysages new-yorkais. Le directeur de galerie Christian Desbois, impressionné par la puissance de ces grands dessins, a l’idée de commander à François Avril une série de peintures qui donnera en 1993 sa première exposition personnelle de tableaux. Il y en aura beaucoup d’autres par la suite et l’on peut dire sans doute que l’activité principale de François Avril est aujourd’hui celle d’un peintre, au sens convenu de ce mot. Il ne fait pas partie de l’espèce des illustrateurs et des affichistes qui dans un vulgaire souci de standing cherchent à passer d’un art mineur aux arts du haut : il est devenu peintre, ça s’est fait comme ça, sans reniement aucun. On s’est aperçu que son art était fait pour la peinture et le grand décor. D’ailleurs la peinture la plus art pour l’art n’est-elle pas dans les faits la plus décorative bien souvent, autrement dit la plus fonctionnelle ? Quoi de plus meublant, de plus utile dans un intérieur bourgeois qu’un tableau de Poliakoff ou de Mark Rothko, bien plus intéressants à cette place que sur les cimaises nues du musée ? La peinture de François Avril, elle aussi très meublante, se destine de plus en plus aux intérieurs des privilégiés, vu l’évolution des prix et des formats. Le prinMise en page 1cipal marchand de François Avril est la galerie Huberty & Breyne, qui l’expose régulièrement en alternance à Paris et Bruxelles.

L’art d’Avril s’inspire de ses villes d’élection : Paris, Bruxelles, Tokyo, New York, avec à l’occasion une note californienne brochant sur le tout. Les routes et les gares lui ont fourni le thème de compositions aux limites du fantastique et de l’infini. Parfois s’articulent en de vastes panoramas des tableaux qu’on raboute au jour de l’exposition avant de les séparer définitivement pour les abandonner aux acquéreurs. Les amateurs plus modestes de l’artiste se contentent désormais de ses dessins et estampes, du spectacle gratuit des affiches de Paris-plages et du catalogue Vinothèque, où il retrace en dix images synthétiques l’histoire de l’architecture des magasins Nicolas. La collaboration fut toute d’affinités évidentes entre un artiste qui bretagne9excelle à humer l’air de Paris et ce caviste dont les boutiques s’inscrivent intimement dans le tableau vivant de la ville et se transforment avec elle depuis bientôt deux cents ans.

 

Avril  s’est pris aussi d’affection pour les bords de mer, bretons surtout, dont il entraîne les motifs de rochers et de falaises au bord de l’abstraction, sans y tomber jamais.

De tempérament décoratif, il assume et revendique son goût pour l’ornement, ainsi que nous l’indique le choix de nouveaux supports comme les paravents articulés et bientôt le papier-peint panoramique. Une prochaine étape de sa carrière verra peut-être la démultiplication de ses images en posters, qu’on retrouvera dans les carteries du quartier Beaubourg et aussitôt après dans les appartements-témoin de Kaufman & Broad. La célébrité des artistes à succès planétaire passe par ces détours et avatars.

Pour autant Avril n’a jamais renoncé à son activité d’illustrateur et continue de répondre à la commande d’annonceurs pour des publicités et des imprimés commerciaux. Les maisons de luxe semblent l’apprécier tout spécialement : Hermès, Chanel, John Lobb, etc. Le tableau est maintenant complet avec les cavistes Nicolas.

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Le catalogue Vinothèque 2017 ayant reçu un accueil très chaleureux, Nicolas décide de prolonger l’expérience en commandant à François Avril l’étiquette de son beaujolais nouveau 2017. L’artiste se livra tout l’été à une réflexion multipliant fiévreusement essais et pochades. Il rapproche le sujet du répertoire de ses motifs favoris. Certains dessins, purement décoratifs (arbres, rochers, etc.), sont sans rapport apparent avec le thème à traiter.

D’autres figurent des bouteilles, mais peintes comme s’il s’agissait de productions de la nature. On aime à considérer ces séries où abondent les motifs qu’on aurait pu retenir aussi bien pour orner les bouteilles, à voir Avril se frotter avec son affaire, se colleter ; on se plaît à distinguer la part du jeu, de la contrainte, de la désinvolture, du retour au sérieux quand l’artiste, qui laissait sa fantaisie musarder, revient au plus près du sujet. Il le prend sous tous les angles possibles et le retourne comme un gant. On parle de vin, il dessine donc une bouteille de rouge, mais dans des proportions monumentales pour l’inscrire dans la ville, où elle devient une sorte d’étrave géante, de Flat iron building, ou bien un totem planté dans un paysage de skyline en contreplongée.

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Dans d’autres vues imaginaires elle est colonne de Juillet, sur fond de mobile de Calder et d’autres productions urbaines de l’art moderne. Ailleurs elle redevient plus traditionnellement enseigne, pareille à la bouteille de cassis de la rue Moufle.  Il fait la même expérience du changement d’échelle avec le verre ballon, la grappe de gamay qui devient lustre de salon, etc.

 

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Autre thème d’études et d’expériences, le N initiale de la maison. De très jolis dessins prolongent le catalogue Vinothèque et montrent des façades de magasin exposant une bouteille géante.

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L’image finalement retenue figure un Nectar moderne, assez bande dessinée, qui accourt comiquement en poussant son diable chargé de bouteilles et en disant je suppose « voilà, voilà ! ».

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L’image, d’une grande économie et d’une très belle visibilité, exprime à la perfection l’idée de course et de fête joyeuse attachée au beaujolais nouveau.

Venez découvrir l’ensemble des dessins de François Avril à la Galerie XIII/X 13 Rue Taylor, 75010 Paris.

Exposition du 17 au 26 novembre 2017.

 

On parle aussi d’une commande de carte de vœux…